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Philippe Rochot… Reportages pour mémoire…

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Reportages

Trésors du Tibet d’Alexandra David-Neel (musée Guimet)… Philippe Rochot

Alexandra David-Neel: Calcutta Après  son retour du Tibet. 1923 (c) Maison Alexandra DN.
Elle rapporta de ses voyages des malles entières de souvenirs, d’écrits, d’objets de culte, mobilisant les chancelleries étrangères des pays traversés pour acheminer tout cela vers la France. Ces trésors se retrouvent aujourd’hui dans sa maison de Digne-Les-Bains dans les Alpes du sud mais aussi au musée Guimet à Paris, exposés jusqu’au printemps : manuscrits en tibétain, peintures et masques de danse, photos, lettres privées, tangkas richement décorés etc…

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Masque Cham (Musée Guimet.

Alexandra David-Neel était attachée à ce « temple des arts asiatiques » où se côtoient les bas-reliefs des édifices cambodgiens, les masques japonais, les bouddhas indiens ou les moulins à prière tibétains en une sorte de musée imaginaire tel qu’André Malraux l’avait rêvé. Là est née sa vocation pour les peuples du toit du monde. Elle appréciait surtout la bibliothèque avec «son étonnante atmosphère créée par les multiples effigies des Dieux et des Sages de l’Orient, ces « vibrations » abondantes qui émanaient non seulement des statues impassibles en apparence mais aussi des centaines d’objets ayant servi à la célébration de cultes divers.»

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Alexandra David-Neel et le lama Yongden qui deviendra son fils adoptif. (c) Maison ADN

Une aventurière qui renouvelle son passeport à l’âge de cent ans a droit au respect. C’est le cas d’Alexandra David-Neel. Elle souffrait de rhumatismes aigus qui l’obligeaient à « marcher avec ses bras » comme elle aimait le dire mais elle éprouvait encore, après un siècle de vie, le besoin de préparer en permanence des itinéraires vers l’orient. Un siècle bien rempli où elle fut successivement chanteuse d’opéra, anarchiste, féministe, orientaliste, tibétologue, exploratrice, journaliste, écrivaine et trempa même dans la franc-maçonnerie. Mais le monde a surtout retenu son expérience exceptionnelle au Tibet.
Alexandra David-Neel fut la première femme occidentale à se rendre dans la ville sainte de Lhassa en 1924, déguisée en mendiante accompagnée de son fils adoptif, le jeune lama Yongden. Elle mettra quatre mois pour atteindre clandestinement la ville sainte, échappant aux pillards et aux mouchards qui avaient repéré la femme blanche. Elle s’est grimé le visage avec de la cendre, elle a enfilé des vêtements de mendiants, elle s’est fabriqué des nattes en poil de yak et enfoncé jusqu’aux yeux sa toque de fourrure traditionnelle. Elle n’ose pas prendre d’appareil photo pour ne pas être repérée en tant qu’étrangère mais sous ses jupes elle cache un pistolet.

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Tibétaines en pélerinage à Lhassa. Alexandra David-Neel s’était habillée comme ces femmes pour pénétrer clandestinement dans la ville sainte. (c) Ph Rochot.

Avec le lama Yongden qui deviendra son fils adoptif ils se fondent dans la foule des pèlerins (ardjopas) qui progressent en se prosternant tous les trois pas et atteignent Lhassa au printemps 1924 pour la fête religieuse du Mönlam. Ils resteront deux mois dans la ville sainte mais Alexandra sera finalement repérée et tous deux seront contraints de prendre la fuite.
Son livre intitulé « Une parisienne à Lhassa » fit sensation à l’époque. Elle avait tant souhaité s’intégrer à la vie des Tibétains, apprendre leur langue, vivre leurs croyances et leurs pratiques qu’on peut la placer aujourd’hui aux côtés des sages bouddhistes dont elle avait suivi l’enseignement.
Comment expliquer pareil itinéraire ? Fillette tourmentée, torturée par les esprits dès l’enfance, Alexandra David-Neel s’infligeait à l’adolescence des tortures, se soumettait aux jeûnes, s’appliquait des recettes puisées dans des biographies de saints ascètes trouvées dans d’obscures bibliothèques. A 21 ans elle se convertissait au bouddhisme. Dans ses voyages en Inde et au Tibet elle s’imposa de rudes épreuves physiques, vivant ainsi plusieurs mois en altitude dans la caverne d’un anachorète sans voir personne, apprenant la méditation mais aussi la technique du Toumo qui permet de mobiliser son énergie afin de produire de la chaleur et résister au froid. Ses méditations et ses recueillements sans fin lui firent sans doute perdre la notion du temps. Malheureuse en couple, elle avait ainsi annoncé à son mari qu’elle partait pour un voyage de dix-huit mois en extrême orient mais elle ne revint qu’après quatorze années passées en Inde, en Chine et au Tibet. Philippe Néel, ingénieur des chemins de fer lui envoyait régulièrement de l’argent et entretint avec elle une correspondance passionnée qu’elle garda dans ses malles poussiéreuses jusqu’à la fin de ses jours. Il eut le mérite de la soutenir dans ses recherches et le lien ne fut jamais rompu malgré les orages qui assombrirent la vie du couple.

04-alexandra-dn-et-sa-caravane-au-tibet-copier-copie2Alexandra David-Neel avec le sultan du Sikkim au col de Tashung: 5100m (c) Maison ADN. 

L’héritage culturel laissé par Alexandra David-Neel se découvrait jusque-là dans sa maison de Digne-les-Bains dans les Alpes du sud où elle passa les dix dernières années de sa vie. Grace à sa « secrétaire-auxiliaire de vie » qui vécut avec elle jusqu’à son dernier souffle, le souvenir demeure. Marie-Madeleine Peyronnet chez qui rien ne disposait à s’intéresser au bouddhisme tibétain fut emportée par la passion de sa patronne et c’est elle après sa mort qui créa ce petit musée de Digne qui a gardé le nom donné par la maitresse des lieux : « Samten Dzong », la forteresse de la méditation. Endroit attachant mais austère sombre et étroit où le visiteur se heurte aux multiples objets rapportés par l’exploratrice : bottes tibétaines, meubles et coffres, masques, tangkas, bonnets, images, lettres et souvenirs de toute sorte. Marie-Madeleine Peyronnet a dirigé ce musée jusqu’à sa retraite en 1995, servant aussi de guide et de gestionnaire mais trop seule pour empêcher les vols discrets de touristes indélicats. « Les gens ne reconnaissent pas qu’ils volent quand ils se font prendre nous confiait-elle avec découragement ; ils disent qu’ils emportent juste un souvenir ».

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La BD d’Alexandra David-Neel.
Cette femme aujourd’hui âgée de 85 ans est devenue le fil conducteur de la bande dessinée : « Une vie avec Alexandra David-Neel » de Fred Campoy et Mathieu Blanchot, qui donne un nouveau souffle à la vie de notre aventurière mais aussi à celle de son assistante-secrétaire, idée que Mme Peyronnet trouva géniale tant elle avait donné de sa personne pour aider cette exploratrice à achever son œuvre mais aussi à la conserver. Des planches de la BD qui s’inspire du livre de son livre « Dix ans avec Alexandra David-Neel » sont exposées à cette rétrospective du musée Guimet.
Un partenariat avec la maison de Digne-Les-Bains où l’aventurière-ethnologue résida jusqu’à sa mort entourée de ses souvenirs, permet donc aujourd’hui au public parisien de découvrir cette femme d’exception, ses voyages fabuleux au pays des neiges, ses souvenirs, mais aussi le message qu’elle nous laisse.
Philippe Rochot

Crédits Photos d’archives: RMN-Grand Palais (musée Guimet, Paris) © Michel Urtado
Photo d’ouverture : Maison Alexandra David-Neel © Ville de Digne-les-Bains

Ecouter itv Alexandra David-Neel à France Culture. https://www.franceculture.fr/emissions/les-nuits-de-france-culture/alexandra-david-neel-le-tibet-tel-que-je-lai-vu

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De l’Irak aux Philippines, les choix de choc du World Press Photo 2017… Philippe Rochot.

La fuite d’une famille face aux combats qui opposent Daech à l’armée irakienne: photo prise aux environs de Mossoul le 12 novembre 2016 par Serge Ponomarev pour le New York Times.
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Le temps paraît lointain où le World Press primait les ébats d’un couple homosexuel dans un appartement de Moscou… C’était pourtant en 2015 mais ce choix s’était trouvé si contesté que le festival Visa pour l’image avait refusé d’exposer les lauréats comme il le fait chaque année. Aujourd’hui le World Press est rentré dans le rang et prime des photos chocs, du hard news, des images denses au message fort et direct comme la photo de l’assassinat de l’ambassadeur de Russie à Ankara. Image contestée puisque sa publication a posé aux médias un problème éthique.

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(AP Photo)

Peut-on montrer un homme à terre qui vient d’être froidement exécuté ? Peut-on faire la propagande d’un pseudo-djihadiste criant victoire en brandissant le colt avec lequel il vient d’exécuter sa victime ? La décision du 59ème World Press n’a guère tenu compte de ces critères moraux qui auraient pu polluer son jugement et le prix a été décerné sans états d’âme à l’auteur de l’image… Sans doute faut-il passer outre et se féliciter de voir qu’on récompense aussi le courage et le sang-froid d’un reporter-photographe. Burhan Ozbilic s’était rendu sans enthousiasme au vernissage de cette exposition de photos sur la Russie. La galerie se trouvait à proximité de son bureau et l’ambassadeur russe devait être là. Pourquoi pas un « trombinoscope » avec Alexei Karlov, diplomate de haut rang ? Il aura fallu une parfaite maîtrise de son émotion pour lever son objectif en direction  d’un homme qui venait d’assassiner un ambassadeur et tenait encore l’arme du crime entre ses mains. Mais Burhan a eu cette réflexion très simple: si je ne fais pas d’image, on va me dire: « Ah! Tu étais là-bas et tu n’as pas fait de photos ! « . C’est donc sans hésitations qu’il a éternisé la scène…
Image contestable et contestée. Le président du Jury du World Press, Stuart Franklin ne s’est pas associé au vote et s’en explique: « J’étais fermement opposé à ce que cela devienne la photo de l’année. Il s’en est fallu de peu pour que les discussions tournent en ma faveur. J’ai voté contre. Désolé, Burhan. C’est la photographie d’un meurtre, d’un tueur et d’une victime, vus ensemble dans la même image. Moralement, publier cette image est aussi problématique que de publier une photo de décapitation terroriste. »

world-press-environs-mossoul-buran-ozbilici(c) Laurent Van Der Stockt. Getty reportage pour Le Monde.
Cette année le World Press baigne dans les conflits du moment avec plusieurs photos sur la guerre d’Irak comme celle de Laurent Van Der Stockt pour Le Monde, prise dans un quartier de Mossoul, perquisitionné par les forces spéciales irakiennes et où la peur se lit sur les visages des enfants…
Le jury du World Press n’ pas oublié les événements des Philippines où le président Duterte encourage la population à régler ses comptes avec les trafiquants de drogue. Cas unique au monde où le pouvoir de l’Etat demande aux gens de faire justice eux-mêmes. Et cela donne des images de corps abandonnés dans les rues de Manille comme la photo très suggestive de Daniel Berehulak pour le New York Times qui emporte l’un des seize prix.

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Malgré le vaste choix offert au jury du World Press, nous retombons pourtant dans les clichés traditionnels primés régulièrement par la Fondation, du style « vierge à l’enfant », avec la photo de Paula Bronstein, prise à Kaboul après un attentat montrant une femme en larmes portant un enfant blessé dans ses bras, image qui perpétue la tradition chrétienne dans la création photographique.

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world-press-guerre-rhinos-brent-sirton(c) Brent Stirton: Getty Images/ National geographic.

Au-delà des guerres, sport et nature sont également récompensés à ce 59ème World Press. Brent Sirton qui présentait l’an dernier à Visa ses fabuleuses photos du trafic de l’ivoire dans la brousse africaine, emporte un prix au World Press avec son rhinocéros abattu dont le corps à la corne arrachée se décompose au soleil.

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Et puis cette photo de joueurs de rugby signée Giovanni Capriotti, où s’entremêlent les corps pour la conquête du ballon ovale nous fait oublier les conflits du monde tout comme ce modeste salon de coiffure à Cuba de Tomas Munita qui nous rappelle s’il en était besoin que la misère est sans doute plus douce au soleil.

world-press-photo-2017-cuba-tomas-murita(c) Cuba: Tomas Munita.

world-press-photo-071_francis-pecc81rez-tenerife-canaries(c) Francis Pérez: tortue emprisonnée dans un filet de pêche… Ténériffe.

– Aujourd’hui le World Press est rentré dans le rang et prime des photos chocs, du hard news, des images denses au message fort et direct comme la photo de l’assassinat de l’ambassadeur de Russie à Ankara. I
Philippe Rochot

Syrie, Somalie, Yemen, Iran… Les pays maudits de Donald Trump représentés à la Maison des Journalistes… Philippe Rochot

Mana, journaliste afghane en exil à Paris. (c) Ph Rochot)

Au moment où Donald Trump signait son décret anti-immigration, la Maison des Journalistes à Paris se félicitait par la voix de son président Christian Auboynau, d’accueillir des citoyens des nations bannies par les nouvelles mesures anti-terroristes de l’administration américaine : des Syriens, des Yéménites, des Soudanais, des Libyens, des Iraniens, autant de journalistes de pays en guerre qui ont fui les combats, les dictatures, les menaces ou les fatwas dirigées contre les médias. Ces hommes et ces femmes qui seraient suspects aux yeux de la maison blanche sont ici les bienvenus.

maison-journalistes-wb-reza-hidalgo-1Reza, figure des photographes exilés et parrain de la Maison des journalistes. (Ph Rochot)

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Chine : mirages et fantasmes sur la nouvelle route de la soie… Philippe Rochot

Urumqi, capitale du Xinjiang, peuplée de 90%de Hans (l’ethnie majoritaire en Chine). « Carrefour et KFC » devant la grande mosquée… (P. Rochot)

Le seul nom de « route de la soie » a de quoi faire rêver. On y sent l’odeur des épices, celle du cuir usé des selles de chameaux et la douceur des soieries. En baptisant ainsi la nouvelle ceinture économique destinée à enserrer l’Asie centrale dans un carcan économique, la Chine a misé juste. Mais la nouvelle route de la soie qui se dessine ne sera pas parcourue par des caravanes, ne passera pas par les pistes chamelières et transportera bien d’autres choses que des étoffes. C’est toute la technologie chinoise qui continuera de pénétrer sur notre vieux continent.

l-xinjiang-karakolMosquée à Yarkan: Xinjiang. (PR)

Car le maître du jeu sera bien l’Empire rouge qui se détourne des nations du Pacifique et s’oriente un peu plus vers l’Europe dans ses nouveaux choix économiques et stratégiques. Dans son livre intitulé « la gouvernance de la Chine » Xi Jinping définit clairement ses intentions : « Nous devons construire un pont de croissance et de prospérité qui reliera les deux grands marchés chinois et européens afin de réaliser le grandiose objectif d’élever le montant du commerce bilatéral à mille milliards de dollars en 2020 ». Le N°1 chinois a lancé ce projet en 2013 à l’occasion d’une visite officielle au Kazakhstan.

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Xi Jinping parmi les Ouighours du Xinjiang: 2014.

Les nations d’Asie centrale par l’odeur du yuan alléchées, ont toutes adhéré à ce projet de « nouvelle route de la soie ». Il concerne à présent soixante-cinq pays d’Asie et d’Europe qui ont accepté de renouer avec cet itinéraire mythique. Et il est étonnant de voir qu’à l’heure du repli de l’Amérique de Trump et du Brexit britannique, c’est un leader de la Chine communiste qui plaide pour le libéralisme, l’ouverture économique et la mondialisation…

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USA : une incursion chez les adeptes du Steampunk … Philippe Rochot.

Photographies: Philippe Rochot. 

Les lunettes ! Très important les lunettes. Elles sont rondes et cerclées de métal, avec des languettes de cuir sur le côté. On les porte négligemment sur la visière du chapeau ou de la casquette. A l’origine elles servent à protéger les yeux de la fumée lachée par le train à vapeur mais là, elles donnent allure et fierté à celui qui les porte.

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Une vieille gare restaurée, une loco noire avec des wagons rouges bringuebalants, c’est le décor idéal pour les adeptes du mouvement « steampunk », rassemblés dans la région de Lancaster le temps d’un week-end. Pas donné à tout le monde de s’habiller « steampunk », le moindre chapeau, la moindre veste coûte plusieurs centaines de dollars.

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Les fans du mouvement rassemblés dans l’ancienne gare restaurée à 10km de la ville appartiennent donc à un milieu social plutôt aisé avec une quarantaine d’années derrière eux. Mais la passion est bien là.

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« Chine: le cri interdit… ». Voyage à travers la politique de contrôle des naissances. Mon oeil sur le doc de Marjolaine Grappe.

« Un enfant c’est peut-être une bouche à nourrir, mais c’est surtout deux bras pour la révolution » disait Mao Zedong qui n’était pas favorable à l’enfant unique. Mais trois ans après sa mort en 1976, son successeur Deng Xiao Ping faisait appliquer une politique impitoyable de contrôle des naissances dont la brutalité continue de faire ses preuves.

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Bien peu de journalistes ont osé se lancer dans des enquêtes approfondies sur le problème de l’enfant unique : trop d’interdits, trop de secrets, trop de peur chez les femmes qui n’osent pas parler des contraintes, des menaces et surtout des stérilisations ou des avortements forcés. Or le pouvoir chinois reconnaît sans honte qu’en trente ans 330 millions d’avortements ont été pratiqués…

Enfant unique et sa mère devant un portrait de Mao, tel qu’on le trouve encore dans les familles chinoises. (Tongxin 2006:  (c) Ph Rochot


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Strasbourg et la « Grand Messe » du Dalai Lama… Philippe Rochot.

(Photographies (c) Philippe Rochot)

Le Zénith de Strasbourg peut accueillir près de 9000 personnes. Il était plein en ce dimanche 18 septembre pour l’enseignement du Dalai Lama intitulé: « Une éthique au delà des religions »…Il faut encore y ajouter plusieurs centaines d’admirateurs assis par terre. En position du lotus bien sûr: des moines, des nonnes, des jeunes, des retraités récitant quelques mantras les yeux clos, des fidèles en sandales avec sacs de toile jaune en bandoulière et coussinets brodés venus du Népal ou des régions tibétaines.

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Je compte dix fois plus d’occidentaux que de croyants d’origine asiatique. C’est dire ! Miguel par exemple avec ses 45 ans. Il est venu spécialement de Barcelone pour suivre l’enseignement du Dalai Lama. Il a même acheté le livre des citations du sage indien Nagarjuna. Il se dit peu pratiquant mais fasciné par la pensée bouddhiste. Il a contracté le virus lors d’un voyage touristique au Bhoutan et depuis il s’efforce de suivre toutes les activités qui tournent autour de la secte des « bonnets jaunes »… Il se plaint en constatant que le saint homme ne vient jamais en Espagne.

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Le tibétain, langue d’avenir ? En suivant le Dalai Lama…Philippe Rochot.

C’est une réalité, le Dalaï Lama aime parler l’anglais et montrer ainsi son ouverture au monde. Il se plait à utiliser cette langue de communication internationale que lui avait enseignée Heinrich Harrer dans les salles sombres du Potala, la résidence des Dalaï Lamas à Lhassa, durant les sept années que l’alpiniste autrichien passa au Tibet. Mais malgré un exil de plus d’un demi-siècle, le Dalaï Lama est loin d’avoir oublié le tibétain et se place en défenseur de cette langue, comme un élément de préservation de la culture tibétaine quelque peu malmenée par le pouvoir chinois.

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Le DL durant l’audience accordée à la communauté tibétaine d’Europe au Palais des Congrès à Paris. (13 sept 2016: Ph Rochot)

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Les promenades photographiques de Vendôme exposent 200 de mes photos de reportage: du 25 juin au 18 sept.

Tchad: match de foot à Ndjamena: les resquilleurs. 1983. (Ph Rochot)

Dans le cadre des traditionnelles « Promenades photographiques », la ville de Vendôme expose 200 de mes photos de reportage au manège de Rochambeau. La plus ancienne est prise en 1970 en Arabie saoudite; la plus récente en février 2016 avec les SDF de La Nouvelle Orléans… C’est un honneur pour moi de présenter mon regard sur le monde aux côtés de grands photographes comme Weegee, Matthieu Ricard ou Eric Bouvet.

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Sahara, Front Polisario, 1978. Photo Ph Rochot.

Thème de ces rencontres: « qui est photographe » ? Pas moi peut-être mais à coup sûr un passionné de la photo qui après 40 ans de reportage télévisé, préfère toujours l’image fixe au film ou à la vidéo.

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