Le Jihad en Irak peut-il nous faire oublier la Syrie ? Philippe Rochot

Les images fournies par les djihadistes de l’Etat Islamique en Irak et au Levant » dépassent largement dans l’horreur celles qu’ont pu mettre en ligne les combattants d’El Qaida en Syrie, ou les Talibans depuis l’Afghanistan. Mais le message a le mérite d’être clair. Il n’y aura pas de quartier pour ceux qui se battent aux côtés des chiites irakiens  et encore moins pour l’armée régulière.

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Ces images qui circulent sur le net, les quelque deux mille spectateurs qui ont assisté à la soirée d’Arte « je vous écris de Syrie » les avaient en tête. On regrettera donc que ce rassemblement, destiné à l’origine à soutenir les quatre otages français libérés depuis, était surtout destiné à « donner de l’émotion »  et guère d’informations. La présence d’Ossama Mohamed, réalisateur du film «l’eau argentée, autoportrait de Syrie » nous éclaire pourtant sur l’opportunité de diffuser et de faire circuler ces images d’horreur. « La pire des violences serait de ne pas montrer ces images… » nous dit le cinéaste syrien qui a fait sensation au festival de Cannes et ajoute : « le silence sur les crimes est un crime ». Il faut approuver sa remarque et constater que nous sommes donc bien installés dans une nouvelle guerre des images. La force de celles qui nous viennent d’Irak fait basculer les regards vers « le pays des deux fleuves ». L’opération de « comm » lancée par l’EIIL est donc une réussite.

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L’arme de l’image est une chose, la prise d’otages en est une autre. L’EIIL l’utilise sans modération et sans état d’âme. Les 49 otages turcs, capturés au consulat de Mossoul sont un défi au pouvoir en place à Ankara qui doit faire face à deux lignes de front : celle du régime de Bachar el Assad qu’il aimerait voir tomber et celle des djihadistes. La prise d’otage devient une carte maitresse entre les mains de ces combattants sunnites qui détiennent encore plus de dix otages américains et britanniques en Syrie.

Dans ces conditions, une intervention américaine peut-elle se justifier ? L’Amérique d’Obama qui a renoncé à toute intervention contre les forces de Bachar el Assad va finalement donner des gages au régime baasiste syrien en frappant son principal ennemi : l’Etat islamique en Irak et au Levant…

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Dans tous les cas, la guerre de l’Eiil est appelée à se déplacer de nouveau vers la Syrie. Soit l’offensive sur Bagdad marquera un coup d’arrêt avec le sursaut de l’armée irakienne et un éventuel « coup de pouce américain », auquel cas les forces djihadistes se replieront sur la Syrie. Soit l’offensive irakienne s’étendra sur l’Irak et les djihadistes dans un deuxième temps, ne songeront qu’à regagner les villes perdues de Syrie.

Philippe Rochot

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