Du Tibet à Paris : les « offrandes » de Gao Bo (Maison Européenne de la Photo)… Philippe Rochot

C’est d’abord un mantra lancinant qu’on perçoit avant de découvrir ses œuvres. Gao Bo aime utiliser toutes les formes d’expression, visuelles et sonores et le chant bouddhiste en est une. Le Tibet tient une place essentielle dans son travail, depuis le voyage … Continuer de lire Du Tibet à Paris : les « offrandes » de Gao Bo (Maison Européenne de la Photo)… Philippe Rochot

La femme voilée du drapeau US : provoc ou génie de l’artiste Shepard Fairey ? Philippe Rochot.

Le portrait de cette femme couverte d’un voile composé du drapeau américain a circulé dans les rues de Washington durant la marche hostile à Donald Trump du 21 janvier. On l’a vu aussi le même jour dans les rues de Paris lors de la manifestation contre le nouveau locataire de la Maison blanche. L’affiche est destinée à lui rappeler que les musulmans font aussi partie du peuple américain. On pourra certes lui reprocher d’avoir symbolisé l’islam par le voile, mais le message est fort.

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Paris 21 janvier 2017 : Esplanade du Champ-de-Mars…Manif anti-Trump. (Ph.Rochot)

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Gilles Jacquier mort en Syrie : nouvel hommage mais enquête dans l’impasse. Philippe Rochot.

Paris XIème, 50 rue de Charonne, l’esplanade Gilles Jacquier. (Ph Rochot)

A l’heure où les journalistes sont régulièrement montrés du doigt et les médias sous le feu constant de la critique il est rassurant de voir que l’on rend hommage à des reporters qui ont payé de leur vie leur volonté de nous informer sur les conflits du monde.

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Algérie. Procès Bouras : médias et journalistes face au pouvoir…Philippe Rochot.

Me Noureddine Ahmine, avocat et Yasmine Kacha (représentante de Reporters Sans Frontières en Afrique du Nord)

Quand on demande à maître Noureddine Ahmine, membre de la « Ligue algérienne des droits de l’homme » s’il est inquiété pour avoir choisi de défendre un journaliste emprisonné, il balaie la question d’un revers de la main et préfère évoquer le sort de son client : Hassan Bouras, envoyé derrière les barreaux pour avoir publié une série d’entretiens avec des habitants de la wilaya d’El Bayadh (à l’ouest d’Alger) où de hauts responsables de l’appareil sécuritaire et judiciaire de la ville sont mis en cause, soupçonnés par les citoyens d’avoir reçu des dessous de table et fait incarcérer des innocents sous de fausses accusations. Le procès en appel de Hassan Bourras, condamné à un an de prison pour « outrage à auxiliaire de justice et agents de la force publique » a évolué vers une peine de six mois avec sursis et le journaliste sera libéré le 17 janvier 2017.

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Hassan Bouras (tsa-algérie.com et Rsf.org)

Un autre cas de journaliste en détention est venu empoisonner le climat qui pèse sur les médias algériens : le décès de Mohamed Tamalt, correspondant à Londres du journal El Khabar, mort en prison le 11 décembre dernier. Il avait écopé de deux années d’emprisonnement pour    « outrage à corps constitués et atteinte à la personne du président » suite à des propos provocateurs diffusés sur les réseaux sociaux, sur son blog et son journal en ligne. Mohamet Tamalt (qui possède aussi la nationalité britannique) avait entamé une longue grève de la faim pour se faire entendre. Nul ne sait si cette épreuve qu’il s’est imposée a pu à elle seule justifier son décès mais les soupçons se sont rapidement installés.

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John Cantlie ou le combat solitaire d’un otage de Daech – Philippe Rochot –

Un confrère qui milite dans une association de soutien aux otages me confiait dernièrement qu’il n’avait jamais entendu parler de John Cantlie. C’est dire si le silence et l’indifférence face au sort de ce journaliste britannique enlevé par Daech il y a plus de quatre ans se sont progressivement installés dans l’opinion. Les attentats de Berlin, Nice, Paris, les offensives sur Mossoul, Alep ou Palmyre ont fait passer au troisième plan le destin de cet homme qui parvient à survivre entre les mains de gens totalement imprévisibles.

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John Cantlie sur le front de Mossoul: Novembre 2016.

Le traitement réservé à John Cantlie par Daech en fait un cas unique, jamais vu dans l’histoire des otages puisque l’organisation utilise ses compétences de journaliste pour en faire le reporter de choc du groupe terroriste. Il apparait donc dans des vidéos en train de relater les bombardements de la coalition sur les cités du nord de l’Irak tenues par l’Etat islamique. Il raconte la vie quotidienne sur les marchés de Mossoul comme le ferait n’importe quel envoyé spécial d’une chaine de télévision occidentale. Sauf que les terroristes l’ont à l’œil et qu’il ne dit pas ce qu’il veut, ni ce qu’il voit et encore moins ce qu’il endure. C’est le jeu diabolique de Daech : utiliser un reporter otage pour diffuser une information qui va se retourner contre le monde d’où il vient.

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Faut-il (vraiment) tirer sur les médias ? Philippe Rochot.

Un Brexit auquel on pensait échapper, un Donald Trump qui aurait dû être battu aux présidentielles américaines, un Fillon qu’on voyait balayé dès le premier tour de la primaire, un chef d’Etat que l’on donnait candidat à sa succession… Les arguments ne manquent pas pour dire que les médias n’ont pas senti le vent de l’histoire et se sont une nouvelle fois fourvoyés. Alors ? Journalistes déconnectés, coupés du réel, séparés de la France profonde et ignorants de la situation internationale ?
Rappelons que les journalistes n’organisent pas les sondages et se contentent d’en livrer le résultat aux lecteurs et donc aux électeurs… Il faut aussi s’interroger sur l’attitude de l’électorat. Voter en contradiction des pronostics avancés ou déclarer le contraire de ce qu’on va voter quand on est interrogé par un institut de sondage est un sport national bien connu.

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Le débat Fillon-Juppé du 24 novembre 2016 sur Tf1-France2: huit millions de téléspectateurs. (Photo FranceTv-info)

Les auditeurs se plaignent de la pauvreté des débats télévisés et des questions piètres des journalistes. Huit millions de téléspectateurs ont pourtant regardé le duel Juppé-Fillon au second tour des primaires. Ils auraient dit-on préféré voir les invités en position d’accusés, montrés du doigt comme dans un procès. Car dans l’opinion un homme politique est d’emblée suspect. S’il est invité à parler c’est qu’il a ses entrées à la télé ou à la radio et que les médias sont complices.

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De la guerre de Corée à mai 68, le regard d’Henri de Turenne… Philippe Rochot

Henri de Turenne, « gentleman reporter ». (collection privée, diffusion Scam)

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Bel hommage que celui rendu à Henri de Turenne à la Société des auteurs multimédia (Scam) avec projection des « Grandes batailles » de l’histoire comme celle de l’Atlantique ou celle de Normandie. Son documentaire sur l’année 1968 (les enfants de Marx et de Coca Cola, extraits de la série « c’était hier ») permet de mesurer l’impact d’une année charnière qui vit les débuts de la révolution culturelle en Chine, le mai 68 français et le printemps de Prague.
Avec son « Vietnam, perle de l’empire », l’homme n’hésite pas à dénoncer les excès du colonialisme français en Indochine. Dans tous ces documentaires, on retrouve un Turenne à la voix ferme, au ton dynamique, au style incisif, aux phrases courtes, « collant à l’image » comme il aimait le faire, un style qui préfigure déjà ce que seront les commentaires des années 2000 à la télé. Henri de Turenne, Prix Albet Londres en 1951 pour ses reportages sur la guerre de Corée parus dans le Figaro, savait aussi pratiquer l’autodérision et nous décrire comment travaillaient les journalistes sur pareil conflit. Je retiens quelques phrases habilement teintées de son ironie discrète:
« Quand je suis arrivé en Corée, je ne savais même pas où c’était sur la carte ». Et d’ajouter:
« Sur les 271 envoyés spéciaux qui se trouvaient au Japon, une soixantaine seulement devait se rendre en Corée. Les autres affirmaient qu’un certain recul était indispensable pour avoir une juste appréciation d’ensemble de la situation… » (Pusan 15 août 1950).

Hen de turenne le figaro.fr
Henri de Turenne racontait en attendant l’autorisation de monter sur le front nord: « Nous eûmes le temps de nous compter et presque de constituer une association des anciens élèves du lycée Janson-de-Sailly dans ce coin perdu du monde.  »

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