Montier-en-Der : le retour en force du festival de la photo animalière et de nature… Ph Rochot.

Le Covid 19 aurait-il pu avoir raison du festival Photo de Montier- en-Der ? En aucune façon. Après une année 2020 où cette rencontre des amis de la nature et des animaux a pu se dérouler en virtuel, le festival revient en force, en « présentiel » cette fois, du 18 au 21 novembre. L’attente est telle que le chiffre de 45.000 visiteurs pourrait facilement être dépassé.

Panthère des neiges au Tibet. Photo de Vincent Munier.

Ce cru 2021 permet de retrouver les valeurs sûres qui font la réputation de ce festival où se rencontrent amateurs et professionnels de la photo animalière et de nature. Vincent Munier bien sûr, qui présentera son film sur la panthère des neiges au Tibet, tourné en compagnie de l’écrivain voyageur Sylvain Tesson.

Yann Arthus-Bertrand projettera son documentaire, « Legacy” (notre héritage) qui résume son engagement en faveur des causes environnementales et humaines. Alain Bougrain-Dubourg, président de la Ligue de Protection des Oiseaux, aura de quoi alimenter le débat sur le problème des nouvelles autorisations données à la « chasse traditionnelle » pour cinq espèces d’oiseaux, puis suspendues par la justice.

L’accouplement des calamars veineux: photo de Laurent Ballesta.

Laurent Ballesta a répondu présent, après le succès en 2019 de son film « 700 requins dans la nuit », projeté au festival de Montier. Cette même année, il voyageait dans les profondeurs des écosystèmes pendant un mois avec deux autres plongeurs par 120 m de fond. Il en ressort 50 photos de créatures rares avec des scènes jamais vues, comme l’accouplement des calamars… Faut le faire !

Golfe de Tadjoura: Photo Alexis Rosenfeld.

Dans la même veine on retrouvera les photos d’Alexis Rosenfeld sur le thème « 1 OCEAN, le grand témoignage sur l’océan », projet d’exploration qui couvre une décennie. Il a su par exemple nous sensibiliser sur la menace de disparition des récifs coraliens. Son témoignage reste essentiel : “pour protéger la terre dit-il, il faut d’abord protéger la mer…” Avec Ballesta il participera au débat : “une décennie d’exploration au XXIème siècle”.

Chasse à la baleine dans le grand nord de la Scandinavie : photo de Martin Johansen.

Au-delà des conférences traditionnelles, cette 24ème édition nous réserve une rencontre dite « ornitho perchée » avec des chanteurs d’oiseaux. Captivant dit-on… Le directeur du festival, Régis Fournel définit ainsi cette rencontre de Montier: “c’est un moment privilégié pour discuter, réfléchir autour de la photographie animalière, de la nature, de l’environnement, de l’écologie ou encore de la technique photographique. »

Rupture de Yoann Berry.

Thème de l’édition 2021 : la biodiversité, la préservation de la vie animale. Vaste sujet pour lequel les organisateurs ont pris les conseils d’un parrain scientifique, Gilles Boeuf qui avertit d’emblée : « La nature décline globalement à un rythme sans précédent dans l’histoire humaine. Le taux d’extinction des espèces s’accélère, provoquant dès à présent des effets graves sur les populations du monde entier. La santé des écosystèmes dont nous dépendons se dégrade plus vite que jamais. »

Le virage: photo de Gregory Bonnet.

Le fondement du festival de Montier reste bien la photographie . On la trouve encadrée dans une salle, exposée dans l’église, accrochée sous un chapiteau ou carrément à l’extérieur en format géant.

Des auteurs réputés de la photo animalière seront là comme Laurent Baheux avec son travail sur les éléphants. Ses images noir et blanc trônaient en plein centre de Perpignan cet été pour le festival Off. Pour ce passionné de la vie animale, c’est l’homme qui est le prédateur et la survie de l’éléphant est liée à l’équilibre du monde des vivants.

Eléphants d’Afrique. Photo intitulée « bodygards », gardes du corps.: Laurent Baheux.

Le loup de Corentin Esmieu dans le massif des Ecrins.

L’éléphant est une valeur sûre en photo avec ses adeptes, ses admirateurs, ses militants de la défense du pachyderme. Même remarque pour le loup qui sera présent à Montier avec les clichés de Corentin Esmieu sur le canidé dans le massif des Ecrins et celles de Bertrand Bodin qui travailla avec Jean-Michel Bertrand dans la réalisation du film « Marche avec les loups ».

L’ours blanc: Photo de Kyriakos Kaziras.

L’ours blanc continue de séduire les pros de la photo, tant sa survie est menacée par le réchauffement climatique. Le photographe animalier Morten Jorgensen présente son travail sur les ours polaires à la Halle au blé de Montier. Pour lui, chaque ours a des processus de pensée et des émotions, des questionnements. Kyriakos Kaziras qui nous livre toujours des images aux angles surprenants a saisi l’ours blanc dans ses plus belles et ses plus nobles attitudes.

Sahara: le rêve éveillé de Sylvain Sester.

Le désert a toujours été une valeur sûre en image : pureté des formes et des lignes, jeux de couleurs. On remarquera donc les photos de Sylvain Sester sur le Sahara avec ses paysages aux couleurs naturellement fortes dont la beauté pourrait nous faire oublier les problèmes de ravitaillement en eau qui se posent de plus en plus aux habitants. De l’eau, l’auteur en a trouvé dans ce site peu accessible de la guelta d’Archei dans le désert de l’Ennedi au Tchad où viennent boire des milliers de chameaux.

Le désert est également le thème choisi par votre serviteur pour exposer sa série : “Vivre en ce désert, de l’Arabie au Tibesti » : photos des années 70/80. C’est un autre regard destiné à comparer la situation dans le désert d’un pays riche, l’Arabie et celle d’un pays pauvre, le Tchad.

Tibesti: rebelle Toubou. 1983. Photo Ph Rochot.

L’eau reste un thème inépuisable. Le regretté Roland Michaud en témoigne avec sa série sur la mousson. Quelques mois avant son décès ce photographe, qui restera dans l’histoire pour sa série d’images d’un Afghanistan alors très peu connu dans les années 1970, expliquait ainsi sa démarche avec son épouse Sabrina : « Pendant trois décennies nous avons essayé de nous déplacer en Inde en cette période de l’année… puis un jour vous êtes mûr. La mousson devient la clé qui vous ouvre la porte à la compréhension de l’Inde… Elle devient incontournable ; on réalise que la personnalité des Indiens est indissociable de ce phénomène qui règle la vie du pays. »

Image de la mousson en Inde: Roland Michaud.

La richesse de Montier, c’est aussi la diversité des participants, avec les clubs et associations. On retrouve par exemple le club des photographes animaliers bretons qui va côtoyer l’association « arbres » ou le réseau Férus, défenseur des espèces menacées. On voit l’œuvre de peintres et dessinateurs animaliers comme Jean-Jacques Audubon, ornithologue du 18ème siècle, qui peint avec un grand réalisme différentes espèces d’oiseaux.

Montier-en-Der: l’envol des grues cendrées. Ph Rochot.

A Montier, le spectacle est au festival mais aussi dans la nature. C’est la période où des dizaines de milliers de grues cendrées font étape au lac du Der avant leur départ pour des terres plus chaudes et plus hospitalières. Voilà pourquoi le festival s’est installé là, en ce lieu essentiel de la vie et de la survie de la nature.

Philippe Rochot

Les « crins blancs » de Cécile Domens en Camargue.

Annick Marin, lauréate du concours de Montier en Der pour cette image.

Les yeux du caracal: photo de Anne Marie Etienne.

Kenya. Les flamands roses du lac Nakuru: Michel et Christine Denis-Huot

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