Tibet: quand le nouvel an tibétain cohabite avec le nouvel an chinois. Ph Rochot

Le Nouvel An tibétain tombe cette année le même jour que le Nouvel An chinois, soit le vendredi 12 février 2021. S’agirait-il d’une manœuvre du pouvoir chinois qui viserait à mettre tout le pays au même rythme pour faciliter la vie ? Absolument pas, même si la tentation pourrait être grande pour le régime communiste… Les dates des Nouvel An chinois et tibétain ne sont pas calculées de la même façon mais parfois les deux fêtes tombent le même jour. Et c’est le cas cette année.

Famille tibétaine en habit de fête pour le Nouvel An tibétain, dit Losar. Monastère de Labrang: 2006 © Ph Rochot

Pour connaitre la date du Nouvel An chinois, il faut observer la lune. Le jour J est celui de la seconde nouvelle lune après le solstice d’hiver. Si la première nouvelle lune est proche du solstice d’hiver, le Nouvel An sera célébré tôt dans l’année. Ce système de comptage en fonction des astres remonterait à la première année du règne de ce souverain mythique que fut l’empereur Huangdi, soit en l’an 2698 avant notre ère.

Pékin: Nouvel an chinois au temple de Dongué: © Ph Rochot

Chez les Tibétains, le Nouvel An s’appelle le Losar ( Lo : année, Sar : nouveau). Les astres ont une importance essentielle. Le calendrier tibétain tient compte du mouvement de cinq planètes, ainsi que des éclipses de lune et de soleil. Le Nouvel An est donc à la fois solaire et lunaire. Il est également calqué sur le calendrier mongol, inspiré lui-même des croyances antiques comme la religion Bön, le lamaisme et le chamanisme. Le calendrier tibétain comme le calendrier mongol obéit également aux directives données par les grands monastères bouddhistes comme celui de Kumbum.

Nouvel An chinois à Xiahe, Tibet historique, province du Gansu. © Ph Rochot

Parfois donc, le Nouvel An tibétain tombe en même temps que le Nouvel An chinois. Pareille coïncidence peut même arriver deux années de suite mais le décalage entre les deux fêtes ne dépasse jamais trois semaines et se situe toujours entre le 21 janvier et le 19 février de notre calendrier grégorien.

Au Tibet, tous les foyers possèdent un « calendrier astronomique et météorologique tibétain », qui sert de base pour organiser la vie quotidienne, les travaux agricoles, les célébrations des festivals, les mariages et les funérailles. Les populations respectent ce calendrier tibétain. Chez les employés de la région autonome du Tibet on préfère que les fêtes du Nouvel Aan chinois et tibétain soient séparées. Cela permet de prendre des congés, à la fois pour le Nouvel An lunaire puis pour le Nouvel An tibétain…

Cérémonie du Losar au monastère de Labrang. © Ph Rochot

Dans la pratique, les coutumes diffèrent quelque peu chez les Chinois et chez les Tibétains. Pour le Nouvel An chinois, la tradition veut qu’on serve des raviolis et qu’une pièce de monnaie soit glissée dans l’un des morceaux servis, un peu comme la fève de la galette des rois. Celui qui récupère le ravioli garni d’une pièce connaitra bonheur et fortune.

Chez les tibétains cette coutume est plus complexe. On sert aussi des raviolis mais on rajoute à la farce divers ingrédients comme des piments, des grains de riz, du sel ou encore des morceaux de charbon, qui ont chacun une signification précise. Si l’on trouve un piment dans son ravioli, c’est qu’on est trop bavard. Si l’on trouve du riz ou du sel, c’est plutôt bon signe. En revanche, si quelqu’un trouve un morceau de charbon, c’est un mauvais présage.

Famille tibétaine en tenue de fête pour le Nouvel An tibétain. © Ph Rochot

Les deux fêtes du Nouvel An se réfèrent au symbole animal. Ainsi dans les deux calendriers nous entrons dans l’année du buffle de fer (ou de méta La légende veut que Bouddha voulant réorganiser les choses de notre monde convoqua tous les animaux, symbolisés par douze espèces : le buffle, le rat, le lapin, le chien, le singe, la chèvre etc. Chacun fut associé à une année de douze mois et à l’un des cinq éléments : le feu, la terre, le métal, l’eau et le bois. D’où cette année le buffle dit de fer dont les qualités sont : la sécurité dans l’avenir, la force et la persévérance.

Dans les deux fêtes du Nouvel An, chinois et tibétain, les superstitions restent bien présentes. Les Chinois estiment par exemple qu’en veillant jusqu’à l’aube du premier matin de la nouvelle année ils pourront s’assurer la longévité ainsi qu’aux membres de toute la famille.

Philippe Rochot

8 réflexions sur “Tibet: quand le nouvel an tibétain cohabite avec le nouvel an chinois. Ph Rochot

  1. Un lieu qui nous est chère, surtout à notre coeur qui bat toujours au Potala. Merci pour tes belles photos qui nous relient à ce merveilleux pays et surtout aux tibétains. Je serais avec eux bien sûr le 12 février. J’aime beaucoup ton texte qui me rappel tant d’agréables souvenirs. Amitiés je t’embrasse Dann

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      1. C’est sûr, mais ça fait plaisir de ne pas oublier les tibetains. J’espère également que tu vas bien malgré cette pandémie qui se prolonge et nous empêche de voyager. Mais tant qu’à nous nous en avons bien profités, je pense surtout aux jeunes pour qui c’est difficile. Amitiés bises Dann

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