« Rendez-nous nos filles, otages de Boko Haram ! »… Le mouvement #BringBackOurGirls, peine à s’imposer en France. Ph Rochot

L’anniversaire d’une détention est toujours un événement. Pour les victimes d’abord. Mais aussi pour l’opinion. L’enlèvement des 270 jeunes filles, par les combattants de Boko Haram il y un an à Chibock, dans le nord du Nigéria, avait tellement frappé les consciences, que cet anniversaire ne pouvait guère passer inaperçu. Il était marqué dans le monde entier par des rassemblements, des veillées, des prières, avec le même slogan: “Rendez nous nos filles”, #Bring back our girls”…

Bring back our girls Paris 14 avril 2015 (3) (Copier)

A Paris, il n’y avait pourtant pas foule dans les allées écrasées de soleil du Champ de Mars où un collectif d’associations plus ou moins connues, comme le “Mouvement Pour la paix et Contre le Terrorisme” a voulu marquer l’événement. Mais le coeur y était…

Seule personnalité à se détacher du lot: Valérie Trierweiler qui aura cette phrase émouvante: “il y a des cours de récré où les cris des enfants ne résonnent plus.” Et d’ajouter qu’il ne faut pas oublier non plus que 2000 femmes sont aujourd’hui prisonnières de Boko Haram.

A cette manif de solidarité, on comptait plus de journalistes et de photographes que de participants. Patricia Philibert, secrétaire génrale de l’Association “Otages du Monde” explique cette faible présence par “une usure dans la mobilisation, alors qu’il y a dans le monde de plus en plus de cas qui doivent nous indigner… Or ici ajoute t-elle, c’est carrément un crime contre l’humanité. »

Malala Bring back our girls

Jean-Jacques Le Garrec, vice president de cette association de soutien aux otages estime que “devant l’horreur il faut être debout, même s’il y a très peu d’espoir de les retrouver… D’ailleurs même si elle sont libérées, elles seront sans doute rejetées par leur propre famille, pour avoir été mariées de force à des combattants de Boko Haram”. Car la seule nouvelle que nous ayons du sort de ces jeunes filles, c’est bien celle de leur mariage forcé, donnée sans scrupule par le chef de l’organisation terroriste, Aboubakar Shekau.

Malala Yousafzai, Prix Nobel de la Paix et soutien aux lycéennes otages de Boko Haram.

Ceux qui venaient comme moi à la manifestation pour tenter d’apprendre quelque chose sur le sort des fillettes disparues sont repartis déçus. L’Ambassade du Nigéria ne sait rien ou ne veut rien dire. Le directeur du Haut Commissariat aux Réfugiés, Zeid El Hussein a fait circuler la nouvelle selon laquelle les 270 lycéennes enlevées (dont 40 ont réussi à s’échapper) auraient été tuées, à Bama, assassinées, ou exécutées en représaille aux différentes offensives lancées dans la région par les armées du Nigéria et du Tchad.

Bring back our girls Paris 14 avril 2015 (4)

Mais on peut douter de cette information. Seul espoir, l’arrivée au pouvoir d’un nouveau président au Nigéria, Muhamadu Buhari, qui sera peut-être plus habile pour négocier avec la rébelion de Boko Haram et plus à l’écoute des populations de l’Etat du Borno: un Etat en décomposition totale où la capitale Maiduguuri accueille déjà 50 000 réfugiés et où 300 écoles ont été détruites.

Philippe Rochot

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