Rencontres Photos d’Arles: la dernière « Parade »: Ph. Rochot

Les ateliers SNCF, déserts et écrasés de soleil, qui ont servi de lieux d’expo pendant des années, semblent sonner le glas des « rencontres d’Arles ». Après quinze années à la tête de l’événement, François Hebel jette l’éponge et nous présente sa dernière « parade ». Son cru 2014 ne fera pas date mais on y trouve encore l’esprit qui a fait vivre les rencontres: des idées simples et souvent géniales, comme celle de Hans Eljkelboom et sa série d’autoportraits. Projet osé: sonner chez les familles quand le mari était au travail pour se faire ensuite un « selfie » avec la femme et les enfants dans le salon ou la salle à manger. Le concept à eu du succès.

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Le Photographe espagnol Chema Madoz de retour en Arles, fait partie de ces artistes de génie capables de transformer une réalité en cassant nos schémas mentaux sur la fonction des choses… A partir d’ un objet des plus banals, acheté sur un marché aux puces ou récupéré dans une poubelle, Chema Madoz va lui attribuer une fonction qui n’est pas la sienne et faire voyager notre imagination. On peut citer la valise transformée en table, les notes de musique accrochées aux branches d’un arbre, ou la feuille de vigne pendue au mur avec un crochet de porte-manteau.

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La « parade » de François Hebel pour ces dernières rencontres, nous permet de revoir les œuvres de l’artiste brésilien Vik Muniz et ses collages étranges: tirages immenses composés d’éléments de cartes postales qui reproduisent des villes symboliques ou des scènes de vie.

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Un département « prix Pictet » rassemble les travaux de photographes comme Nadav Kander et ses paysages ravagés par les essais de l’armée soviétique entre Russie et Kazakstan.

Arles 2014 accroche à nouveau le travail de Patrick Willocq sur le Congo qui nous rappelle celui des plus grands maîtres de la peinture naïve de Kinshasa ou de Brazzaville. Bon connaisseur de la région il s’est inspiré de la culture Walé qu’il veut nous faire connaître et respecter…

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La « dernière parade  » en Arles n’a pu s’empêcher de ressortir les nus de Lucien Clergue, « nés de la vague » qui ont pris un certain coup de vieux, comme si ces corps sur le sable avaient à présent poitrine tombante et hanches lourdes… Heureusement le co fondateur des rencontres d’Arles, qui fête aussi ses 80 ans, fait revivre ses travaux sur les gitans des années soixante et nous ressortons rassures de ce passage obligé.

D’autres valeurs sûres comme David Bailey dont les portraits de stars sont exposes sous les voûtes de l’église Sainte Anne, rehaussent la qualité de ces dernières rencontres.

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Mais quelle mouche a donc piqué les commissaires charges du « bureau des Lices » pour exposer dans des locaux aveugles sur quatre étages, des collections étonnantes avec comme seule source d’éclairage un néon portatif qu’il faut déplacer avec soi. Souci d’économie sans doute mais la collection d’œuvres historiques de Chine de Martin Paar ou de Claude Hudelot s’en trouve sérieusement affectée, tout comme l’expo sur la représentation de la femme dans les colonies françaises d’Afrique et d’Asie.

La grande guerre n’est pas oubliée à l’église des Frères Prêcheurs. Raymond Depardon s’est vu confier la scénographie de la mémoire des monuments aux morts de France. Le protocole très rigide imposé à la prise de vue donne une série austère et finalement sans âme. C’était peut-être l’effet recherché… Plus attirant et surprenant pour le public des  » Rencontres », la série sur les enfants dans la guerre de 1914. Léon Gimpel, photographe vedette à « l’illustration », a fait mimer des scènes de guerre aux mômes de Paris qui se sont prêtés avec passion à l’exercice. Et cela donne une série d’images en couleur sous verre qui jettent sur l’époque un autre regard….

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Un autre regard sur la photographie et l’art, c’est ce que cherche a présent la « fondation Luma-Arles » qui reprend le flambeau avec à sa tête Maja Hoffmann. Sur l’emplacement des anciens ateliers SNCF s’élèvera un centre d’art et de recherche qui ouvrira ses portes en 2018. Il faudra donc attendre quatre ans pour voir si ce nouveau projet est capable de donner un nouveau souffle aux rencontres d’Arles..

Philippe Rochot

photos Ph R.

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