Le comité de soutien aux journalistes-otages en Syrie doit plaider la cause de tous les otages…

          Le monde des médias lance un vaste appel à la libération des deux journalistes français Didier François et Édouard Elias: pétitions, mobilisation de la presse, manifs devant le siège d’Europe 1, comité de soutien parrainé par Florence Aubenas et quelques grands noms du reportage. Des journalistes se mobilisent pour d’autres journalistes. Les relais sont efficaces, opérationnels à tout moment, la machine de guerre facile à lancer. Les rédacteurs en chefs des journaux et des télés possèdent la clé de l’information et peuvent ouvrir sans difficulté leurs ondes et leurs colonnes à la cause des journalistes-otages. Deux mois après leur disparition, les reporters captifs en Syrie bénéficient déjà d’un vaste soutien.

              Ça n’est guère le cas des otages du Sahel, détenus pour certains depuis près de trois ans, comme le groupe des « quatre d´Arlit » (Thierry Dol, Daniel Laribe, Pierre Legrand, Marc Feret) Encore peuvent-ils compter sur l’appui d’une grande entreprise, Areva ou Satom. Mais des hommes comme Serge Lazarevitch, Gilberto Rodriguez ou Francis Collomp, qui plaidera leur cause ?  Sans oublier Rodolpho Cazares ?

          Les familles ont longtemps hésite sur la médiatisation, redoutant qu’elle gêne la négociation, qu’elle compromette les contacts, faisant confiance au gouvernement, respectant le silence imposé. Elles voient donc avec effroi les journalistes se mobiliser pour des confrères enlevés il y a deux mois alors qu’elles attendent depuis trois ans pour certaines… Notre devoir est donc de plaider la cause des autres otages, du Sahel ou du Nigeria au même titre que celle des journalistes capturés en Syrie.
           J’ai signé la pétition exigeant la libération des reporters captures sur la route de Homs ou de Damas, mais je ne peux m’empêcher de penser aux otages d’Afrique, à leur calvaire, à leur souffrance difficilement imaginable, détenus entre les mains de gens totalement imprévisibles qui les ont sans doute séparés pour brouiller les pistes. C’est aussi en leur nom que doivent parler les comités de soutien, les associations de journalistes comme RSF, les clubs de presse, les fondations de reportage, car ces hommes ont droit  eux aussi à notre aide. Tout comme les reporters, ils étaient partis là bas pour faire leur métier…

Philippe Rochot

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