Une Croix sur les otages… ou le calvaire des captifs d’Aqmi. Philippe Rochot.

otages
Nos otages d’Afrique…
                       Il faut remonter à la première guerre du Golfe pour trouver autant d’otages français en détention. En octobre 1990, 67 de nos compatriotes avaient été dispersés sur des sites stratégiques par les forces de Saddam Hussein, pour parer à tout bombardement américain sur l’Irak.
                    Aujourd’hui, quinze français sont entre les mains de groupes terroristes d’Afrique de l’ouest, détenus eux aussi comme boucliers humains mais sur la tête desquels des revendications confuses et changeantes ont été placées..                        Quand les 4 employés d’Areva ont été enlevés en septembre 2010, le groupe Aqmi a réclamé d’emblée le retrait de l’armée française d’Afghanistan, ne sachant pas que la France avait déjà pris cette décision.  Des rançons financières, des libérations de djihadistes emprisonnés, la volonté de lutter contre les « croisés » sont venues ensuite alimenter la liste des exigences. Puis de nouvelles prises d’otages et l’avancée des groupes islamistes en direction du sud du Mali ont poussé Paris à intervenir. L’objectif des djihadistes était aussi d’attirer la France dans une intervention armée afin qu’elle se batte sur le propre terrain de ces combattants du désert: celui du sable et de la rocaille. En ce sens ils ont réussi. L’armée française a engagé près de 4000 hommes dans la traque des djihadistes, mais malgrè les faits d’armes vantés par nos dirigeants, elle est loin d’avoir gagné la partie.
                        Les otages payent à présent le prix de cette intervention et leur situation est devenue intenable.
                  En proclamant haut et fort que la France ne paierait plus de rançon, François Hollande trace une croix sur les otages. De telles déclarations agacent les ravisseurs, bloquent les éventuelles négociations et démoralisent les familles.
                  Officiellement la France a toujours dit qu’elle ne payait pas de rançon. Mais qui peut penser que notre pays va renoncer à donner quelque chose pour récupérer ses citoyens détenus à l’étranger? La rançon n’est pas toujours financière; elle est souvent politique et devient le fruit d’un dialogue, d’une négociation à minima. L’honneur d’une démocratie est même parfois de mettre en danger la vie de plusieurs hommes pour en récupérer un seul, comme l’ont fait les forces spéciales en Somalie.
                        On sait aujourd’hui que la France n’a pas baissé les bras dans l’affaire des otages du Sahel. Un officier de la DGSE, le colonel Gadoulet a même pu rencontrer Abou Zeid le chef des preneurs d’otages dans son repère et transporter trois otages dans sa voiture au début des négociations… Des hommes se sont donc trouvés au plus près des Français détenus et il faut saluer leur courage.
                    Malgré l’exécution annoncée d’un nouvel otage, la France ne peut pas renoncer, même si la détermination des ravisseurs et la vigilance des pays qui prétendent donner des leçons de fermeté à la France, poussent au découragement.
                     La cour pénale internationale toujours prête à dénoncer les exactions des forces en guerre semble nier l’existence même des otages alors que la détention et l’assassinat d’innocents, relèvent du crime de guerre. Là pourrait être un nouvel espoir si la communauté internationale n’avait pas décidé de se voiler la face et de mettre elle aussi une croix sur les otages.
 
Philippe Rochot
                   

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